«Les histoires sont des souvenirs qui remontent au temps "où de grands animaux léchaient le soleil" ; elles n'ont plus d'âge, elles sont notre géographie organique.
Portes à franchir, ce sont nos morts, nos rédemptions, nos enfants premier-nés.
Elles nichent dans le silence ; celui qui les raconte piste le détail insignifiant et réel qui est l'emplacement exact de l'évènement en lui.

Les mythes et les contes portent la coïncidence improbable du singulier et de l'universel.

Parce qu'ils sont sans réponse, ils sont édifiants.»



Claude Levi Strauss : Le Mythe et la Musique.

Le mythe et la musique opèrent selon les occurrences (auspices, cette fois-ci, hasard, incident, occasion, rencontre).
Levi Strauss parle de ce rythme qui perfore et crée du vide, bouche les trous, saute, redouble le temps, anticipe ou rattrape avec du retard, exprime les parties muettes ou inénarrables.
Il parle de cette multitude d’émois et de répits, d’attentes trompées et de récompenses au-delà de l’attente.
Mythe et musique nous poussent à franchir l’insurmontable et le contradictoire par des moyens merveilleusement imprévus.
Avec la musique, les mots se libèrent des codes et des règles pour s’attacher à la circulation d’énergie, à l’expérience sensible. Comme l’écriture chinoise, ce qui se dessine est indépendant des significations intellectuelles, une histoire est un «véhicule».
L’origine d’une œuvre est impossible à trouver. Les mythes n’ont pas d’auteur : quelque soit leur origine réelle, ils n’existent qu’incarnés.
Chaque auditeur reçoit une histoire qui ne vient à proprement parler de nulle part : c’est la raison pour laquelle on leur assigne une origine surnaturelle.





























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